Quand la rentrée réveille ce que les vacances avaient mis en pause

Psychologue psychothérapeute paris Anaïs Farhat adulte visio téléconsultation en ligne, rentrée, burnout, fatigue, travail

Les vacances sont souvent associées au repos, à la liberté et au changement de rythme. Pendant quelques semaines, les contraintes du quotidien peuvent sembler plus lointaines. Le travail, les obligations et les responsabilités prennent moins de place.

Puis vient septembre. Les journées reprennent leur rythme habituel. Le réveil sonne plus tôt. Les transports, les horaires et les responsabilités reviennent. Peu à peu, chacun retrouve son quotidien. Pourtant, la rentrée ne marque pas seulement la fin des vacances. Elle peut aussi faire réapparaître des émotions, des préoccupations ou des difficultés qui avaient été mises à distance pendant l’été.

Lorsque les vacances permettent de souffler

Pendant l’année, nous pouvons fonctionner en « pilote automatique ». Travailler, organiser ses journées, répondre aux demandes des autres. On passe d’une tâche à l’autre. Dans ce rythme soutenu, il reste parfois peu de place pour s’arrêter et se demander comment nous allons réellement. Les vacances peuvent alors créer une forme de pause. Dormir davantage, ralentir, retrouver certaines activités, passer du temps avec ses proches, s’éloigner de son environnement professionnel …

Cette distance peut faire du bien. Mais elle peut également permettre de prendre conscience de certaines choses. Lorsque le rythme ralentit, ce qui était recouvert par l’agitation du quotidien peut devenir plus perceptible. Une fatigue, une insatisfaction professionnelle, une difficulté dans son couple, une solitude, une envie de changement. Ou simplement le sentiment de ne plus être vraiment en accord avec son quotidien.

« Pendant les vacances, j’allais mieux »

Certaines personnes constatent un phénomène qui peut sembler paradoxal. Elles se sentent mieux pendant les vacances : meilleur sommeil, moins d’anxiété, plus d’énergie et de plaisir. 

Puis, à l’approche de la rentrée, les symptômes réapparaissent. L’anxiété revient. La fatigue s’installe. Le sommeil devient plus difficile. Le travail recommence à occuper les pensées.

Ce contraste peut être déstabilisant. Pourtant, il peut être révélateur. Si le mal-être disparaît presque complètement lorsque les contraintes habituelles disparaissent, puis revient au moment de leur reprise, cela peut inviter à s’interroger sur ce que représente réellement le quotidien auquel on retourne. Le problème n’est donc pas nécessairement « la rentrée » en elle-même. Elle peut simplement rendre plus visible une difficulté qui était déjà présente.

Quand le travail redevient une source de tension

Le retour au travail constitue souvent l’un des principaux déclencheurs. Pendant les vacances, les mails professionnels cessent. Les réunions sont mises en pause, les objectifs et les échéances aussi.

Puis tout recommence. Pour certaines personnes, cette reprise s’accompagne d’une boule au ventre ou d’une sensation d’oppression. Cette sensation  peut constituer un signal qu’il est intéressant d’explorer

Septembre, rentrée et le sentiment de devoir tout recommencer

La rentrée peut également donner l’impression de repartir pour une nouvelle année. Les mêmes horaires, les mêmes obligations, les mêmes difficultés. Cette sensation peut être particulièrement pesante lorsque l’on avait déjà le sentiment de ne pas être satisfait avant les vacances.

On peut alors ressentir une forme de découragement qui pourrait révéler un besoin de changement, de repos ou de retrouver davantage de sens dans son quotidien. Parfois, ce dont nous avons besoin n’est pas nécessairement de tout bouleverser. Il peut simplement s’agir de retrouver une place pour soi.

Est-ce la charge de travail ? Le manque de reconnaissance ? Les relations professionnelles ? La pression ? L’ennui ? Le manque de sens ? Ou encore la difficulté à trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ?

Prendre de la distance permet parfois de regarder son quotidien autrement. Lorsque nous sommes pris dans nos habitudes, certaines situations deviennent presque normales.

On s’habitue à être fatigué, à dire oui, à ne plus avoir de temps pour soi. Les vacances interrompent temporairement ces habitudes.

Elles peuvent alors créer un contraste. « Est-ce que ma vie quotidienne me convient réellement ? » Cette question peut être inconfortable. Mais elle peut aussi être importante. Elle ne signifie pas qu’il faut remettre toute sa vie en question. Elle invite simplement à observer ce que l’on ressent lorsque l’on retrouve son quotidien.

Et si la rentrée était aussi l’occasion de s’écouter ?

Lorsque certaines émotions réapparaissent en septembre, il peut être tentant de vouloir immédiatement les faire disparaître.

Pourtant, elles peuvent nous apprendre quelque chose. Plutôt que de se demander uniquement : « Comment faire pour ne plus être stressé ? », on peut aussi se demander : « Qu’est-ce que ce stress vient me dire ? » De quoi suis-je fatigué ? Qu’est-ce que j’ai ressenti pendant les vacances que je ne ressens plus aujourd’hui ? Y a-t-il quelque chose que j’aimerais conserver de cette période ? Ces questions peuvent permettre de mieux comprendre ce qui se joue. 

Septembre est souvent présenté comme le moment où il faut reprendre : le travail, le rythme, les habitudes. Mais la rentrée peut aussi être l’occasion de prendre conscience de ce que l’on souhaite réellement retrouver.

Les vacances ne changent pas nécessairement notre vie. En revanche, elles peuvent parfois modifier temporairement notre manière de la regarder. Et ce regard peut être précieux.

Si le retour au quotidien s’accompagne d’une anxiété importante, d’une fatigue persistante, d’une perte de plaisir ou d’un sentiment de mal-être qui s’installe, il peut être utile de ne pas minimiser ce que l’on ressent.

Un accompagnement psychologique peut permettre de prendre du recul, de mettre des mots sur ce qui est vécu et de mieux comprendre les difficultés qui se répètent.

Parfois, ce que la rentrée réveille n’est pas quelque chose qu’il faut faire taire. C’est quelque chose qu’il faut écouter.

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